de Patricia Comby

 

Dans la moiteur de la nuit, une odeur familière de terre mouillée s’élève du sol presque entièrement lessivé après une pluie torrentielle. Le quartier est plutôt paisible à cette heure-ci mais des relents émanent du cœur de la cité. Des senteurs âcres et métalliques que l’air saturé de pollutions rejettent sur les quartiers avoisinants le centre de Bangalore.

 

La maison paraît se noyer dans un smog épais et étouffant. Et pourtant ! Cette modeste bâtisse se protège de la rugosité de la ville grâce à ses « armes secrètes ». Il y a tout d’abord les effluves d’encens. Familières et rassurantes. La suavité de l’Agarbatti contraste avec celle des fleurs de couleur jaunes du jardin qui sentent comme le pissenlit avec une intensité moins tenace. Des fleurs pour célébrer les couleurs de la vie et honorer les dieux.

 

La maisonnée se réveille tôt pour savourer la douceur du jour avant d’être enveloppée dans une chaleur suffocante. Le Masala Chai et son bouquet poivré embaument toute la cuisine – les épices se mêlant aux parfums bon marché de ses habitants. Les essences de cannelle, de cardamome et de gingembre frais couvrent la transpiration des corps à peine éveillés. 

 

Un léger dégoût monte aux lèvres de notre visiteur. Il sort quelques instants et reste pensif … sous l’avant-toit … des images colorées lui rappelant son enfance … Et surtout des fragrances envoûtantes de currys plus pimentés les uns que les autres. Il est bientôt sur sa route … celles des épices qui chantent des lendemains exquis.

 

 

 

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